L'Alpe

Hommage à Maurice Baquet et Robert Doisneau



Niché dans une rue étroite face au musée de Grenoble, Le Caffè Forté occupe une partie d’un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle. Quelque vingt kilomètres au nord-est, à Freydières sur la commune de Revel (vallée du Grésivaudan), La Gélinotte a choisi un cadre plus champêtre. Ces deux restaurants réputés pour leur cuisine traditionnelle se partagent une exposition consacrée au grand violoncelliste Maurice Baquet (1911-2005), Ballade pour violoncelle et chambre noire. À partir de la collection personnelle de Marie Baquet, l’épouse de Maurice, cinquante-cinq photographies originales réalisées par Robert Doisneau rendent hommage au musicien, qui fut également alpiniste émérite et acteur de nombreux films et pièces de théâtre. L’image de l’affiche de l’exposition, qui met en scène Baquet face aux aiguilles de Chamonix (massif du Mont-Blanc), figurait également parmi celles que nous avions retenues pour le portfolio du numéro 13 de L’Alpe.
Jusqu’au 28 février 2009. France, Grenoble et Revel, Isère. Cette exposition sera également à l’hôtel du mont-Blanc à Chamonix en juillet et août prochains.
Tél. :
+ 33 (0) 476 03 22 83 (Caffè Forté), + 33 (0) 476 89 81 39 (Gélinotte).

Soirée de clôture exceptionnelle à La Gélinotte, le samedi 28 février prochain à partir de 19 h 30, en présence de Marie Baquet, d’Émile Allais et de quelques autres têtes d’affiche du monde de la montagne. Au menu : dîner, hommages à Maurice, duo violon et accordéon, projections d’extraits de films, petites madeleines, etc. Il est prudent de réserver (30 €).



8 commentaires pour “Hommage à Maurice Baquet et Robert Doisneau”

  1. Pierre Pavy dit :

    Encore merci. Votre petit mot a déjà fait le tour du monde : nous avons eu un contact à… Tahiti !
    Pierre

  2. Pascal Kober dit :

    Pas étonnant, dès lors, que le numéro du printemps 2009 de L’Alpe consacre sa rubrique «  Alpes d’ailleurs » aux sommets de… Wallis-et-Futuna ;-)

  3. Pascal Kober dit :

    Et pour poursuivre l’enchantement, petit cadeau de la saint Nicolas :
    Robert Doisneau, l’enchanteur
    « Ethnologue sans le savoir ! Le titre est bien trop ronflant. Les photographies ne sont jamais des témoignages objectifs. » Dès la troisième page de À l’imparfait de l’objectif, son livre de souvenirs et de portraits, Robert Doisneau donne le ton. Ses images n’ont pas grand chose à voir avec la science. Tout à voir avec le cœur. Et c’est bien un coup de cœur qui m’a fait redécouvrir cette série confidentiellement publiée dans les années 1980 chez Herscher. Ces photos témoignent de la relation complice entre Robert Doisneau et Maurice Baquet. Une œuvre de longue haleine dont les sommets du Mont-Blanc ne représentent qu’une toute petite partie. Qui rééditera un jour cette jolie Ballade pour violoncelle et chambre noire ? À l’agence Rapho, les boîtes d’archives ressemblent à des malles aux trésors. Gardienne de ce fabuleux grenier, Francine, la fille de Robert, étale les planches-contacts, les « brouillons » du photographe, soigneusement sélectionnés, découpés, numérotés et collés sur de petits cartons jaunes. Et puis viennent les croquis, les bouts d’essais et les étonnants photomontages de Doisneau… L’homme adorait passer des heures devant l’agrandisseur sous la lumière rouge inactinique. En témoigne l’image des pages 52 et 53, fruit du facétieux « collage » de deux petits monticules de neige saisis sur le bord d’une route des Alpes et d’un portrait de Maurice Baquet croqué en pleine action à Chamonix… En témoignent encore les quatre photos des pages précédentes, extraites d’une série de dix. Une petite historiette qui ne doit rien à la magie d’un concerto-attrape-skieur interprété par le violoncelliste au fond d’une combe alpine mais tout à l’agilité des doigts d’un tireur d’élite jouant de la silhouette des sportifs dans le blanc d’un décor de haute montagne. Et les Drus ? Avez-vous bien observé les Drus ? Tout au long de sa vie, Robert Doisneau nous a fait marcher. Le Baiser de l’hôtel de ville : mise en scène ou image saisie à l’improviste ? Qu’importe ! Les mesquins sont allés au procès. Les autres continueront de s’émerveiller comme de grands enfants devant les facéties de Doisneau l’enchanteur.
    Pascal Kober

  4. Dechaume dit :

    Musiciens professionnels et admirateurs de Robert Doisneau, nous avons été enchantés par l’exposition de photos pleines d’humour avec Maurice Baquet qui se tenait à Chamonix cet été. Nous serions heureux de pouvoir en acquérir deux ou trois (retirages ou copies). Pouvez-vous, s’il-vous-plaît, nous dire si cela est possible et nous communiquer une adresse ? Avec tous nos remerciements…

  5. Pascal Kober dit :

    Nous faisons suivre votre demande aux organisateurs de l’exposition.

  6. Martial Morin dit :

    Quelle bonne idée de se souvenir de Maurice Baquet, qui fut un violoncelliste extraordinaire, en plus d’avoir été un grand comédien, qui a vulgarisé la musique pour la mieux faire connaître et qui pouvait également jouer d’une façon très sérieuse des pièces extrêmement difficiles. Je me souviens de l’avoir entendu jouer sur une seule corde (la) de son instrument, un thème et variations de Paganini (le thème étant de Rossini) et ce fut merveilleux.

    De plus, il parlait et expliquait tout en jouant, ce qui n’est pas facile et exige de la part du cerveau une psychomotricité à toute épreuve. Il chantait également avec une très belle voix de baryton et il pouvait s’accompagner au piano sur ses propres chansons comme Le Bonhomme de neige qui est pur chef-d’œuvre. Il pouvait aussi se servir de son violoncelle comme d’une guitare (cordes pincées) pour s’accompagner.

    Peu de musiciens furent aussi complets et éclectiques que Maurice Baquet. Il faisait ce qu’il voulait avec la musique et jonglait avec elle comme le clown avec ses balles ou ses cerceaux, et il pouvait nous faire passer du fou-rire le plus terrible aux émotions les plus intenses. Ici, je pense à la première Gymnopédie de Satie qu’il avait retranscrite et qu’il jouait parfaitement. À la reprise du thème, il ajoutait une sourdine au violoncelle et cela devenait encore plus émouvant que le thème original, habituellement joué au piano.

    Je me demande où l’on peut trouver les paroles de ses chansons, surtout pour Le Bonhomme de neige, le vrai titre était Fée d’hiver. Et aussi cette chanson humoristique qui s’intitulait La Neige tombe à gros flocons sur la Suisse endormie et les traineaux glissent sans bruit sous la neige poudreuse. Alors, nous riions tous avant même que le titre ne soit donné au complet.

    Je crois que Maurice Baquet a été pour le violoncelle ce que le pianiste danois Victor Borge fut pour le piano. Ils ont démocratisé et dépoussiéré quelques recoins de la musique où s’était installé bien du fil d’araignée. Vive Maurice Baquet et son pédagogique violoncelle !

    J’ai retrouvé sur une ancienne bobine de magnétophone la chanson Fée d’hiver. Je crois que la retranscrire ici serait de nature à lui rendre un hommage réellement particulier. De plus, j’ai fait des recherches intenses partout sur Internet : impossible de trouver lesdites paroles. J’imagine que beaucoup d’internautes qui ont justement assisté aux prestations de Maurice Baquet seront ravis de pouvoir relire le texte et l’aventure de ce fameux bonhomme de neige. Nous ne pourrons cependant pas entendre chanter Maurice Baquet, mais avec un peu d’imagination, on pourra certainement le voir s’accompagner lui-même au piano «  sur les touches noires, comme il disait, parce qu’il y en a beaucoup moins que des blanches. »

    FÉE D’HIVER
    (auteur : Maurice Baquet)

    C’était un bonhomme de neige
    Qui n’avait jamais navigué
    Qui voulait c’était son rêve
    Voir la mer Méditerranée
    Il était prisonnier des glaces
    Mais un coup de soleil fugace
    Un beau matin le fit glisser
    Il fit-car (1) dans une cabriole
    Et au bout de sa course folle
    Il arriva comme dans un livre d’images
    Au milieu d’un joli village,
    Quel paysage
    Mais sans y voir la mer, la mer Méditerranée.

    Il regarda à droite, à gauche
    Entendit un bruit de galoches
    Et vit venir, une écolière au doux sourire
    Qui ne tarda pas à lui dire
    Bonhomme de neige où donc vas-tu ?
    Voir la mer Méditerranée
    Mais je crois que j’l’ai dépassée
    Je suis perdu, je suis foutu
    Turlututu, chapeau pointu
    Alors elle le pris sous son aile
    Et bientôt elle l’emmena chez elle,
    La fille est belle
    Mais ça n’vaut pas la mer, la mer Méditerranée

    Et devant son air affamé
    Elle lui prépara pour dîner
    Du poulet, des oeufs en gelée
    Et ne voulant pas qu’il ait froid
    Elle alla lui chercher du bois
    Et alluma un grand feu dans la cheminée
    Ils se mirent à rêver
    Main dans la main, nez contre nez,
    Joues contre joues, yeux dans les yeux,
    Et c’est tendrement entrelacés
    Qu’il aperçoit sur la cheminée
    Un coquillage
    Où il entend le bruit d’la mer, la mer Méditerranée

    Mais à la chaleur de ces flammes,
    Le bonhomme de neige rendit l’âme
    Quel alarme, que de larmes
    Une flaque d’eau en forme de cœur
    Du whisky resta du bonheur
    De cet idylle
    Si la morale de mon histoire
    Risque de vous sembler bien noire
    ‘Vous en faites pas,
    Ça s’arrangera,
    L’bonheur est là,
    Suivez mon r’gard
    Les flaques d’eau font les p’tits ruisseaux
    Les ruisseaux font les grandes rivières
    Lesquelles se jettent
    Mais dans la mer, la mer, la mer Méditerranée

    C’était un bonhomme de neige
    Qui n’avait jamais navigué
    Qui voulait, c’était son rêve,
    Voir la mer Méditerranée
    Méditerranée, Méditerranée.

    1- Le faire-car : signature originale et éphémère de mariage pour voiture.

    Martial Morin
    Professeur et organiste
    Québec
    martial.morin@videotron.ca

  7. Corneloup Brigitte dit :

    Bonjour,
    Je suis à la recherche de photos de Maurice Baquet en montagne avec son instrument de musique. Pouvez-vous me dire où je pourrai me procurer ces photos ou posters ?
    Merci beaucoup

  8. Pascal Kober dit :

    Bonjour,
    Les photos que Robert Doisneau a réalisées avec Maurice Baquet sont diffusées par l’atelier Doisneau :
    http://www.robert-doisneau.com

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