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L’Alpe 86 : À saute-frontières

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À la une : derrière la frontière alpine ? Rien ! La feuille numéro 135 de la carte générale de la France établie en 1777 sous la direction de César-François Cassini s’arrête net aux frontières du Piémont et du comté de Nice. On y mentionne toutefois Larche, point de passage névralgique entre Ubaye et Piémont. Lire « La saga des Cassini », un article de Bernard Bèzes paru dans le numéro 51 de L’Alpe. Le site Internet de l’IGN offre quant à lui une reconstitution de la carte dans son ensemble. Collection Bibliothèque nationale de France.

LE DOSSIER

PENSER LA FRONTIÈRE

« Cicatrice laissée par l’histoire » pour reprendre le mot du juriste François Terré, les frontières des États et des empires se sont faites et défaites au gré des guerres et des traités de paix. Mais elles ne sont pas les seules à avoir fluctué au fil de l’histoire : le concept même de frontière est lui aussi mouvant, même si aujourd’hui notre vision est fortement marquée par la constitution des États-nations au XIXe siècle. Barrière, charnière, zone de passage et de rencontre : frontière, quel est ton nom ? Par Stéphane Gal, enseignant-chercheur en histoire moderne à l’université Grenoble-Alpes.

CONTREBANDIÈRES : LE SALAIRE DU SEL ET DE LA PEUR

Deux petits paquets de sel à revendre sous le manteau et voilà peut-être une opportunité d’améliorer l’ordinaire. Au XVIIIe siècle, alors que le sel est une denrée extrêmement précieuse, le faux-saunage se décline aussi au féminin. L’étude des procès pour contrebande dans les hautes vallées des Alpes éclaire tout à la fois le fonctionnement de cette économie souterraine et la condition féminine. Par Anne Montenach, professeur d’histoire à l’université d’Aix-Marseille.

UNE FRONTIÈRE TRÈS DISPUTÉE

Le tracé des limites d’États tient davantage à la capacité de négociation des parties qu’à des considérations strictement géographiques ou à l’attachement des populations pour tel ou tel souverain. Illustration, au début du XVIIIe siècle, avec la vallée du haut Var… Par Jean-Loup Fontana, conservateur en chef du patrimoine.

GENS DE(S) FRONTIÈRE(S)

Depuis le Moyen Âge, les habitants de l’Ubaye, qui jouxte l’Italie, ont dû composer avec une frontière qui ne fut pas toujours là où elle se trouve aujourd’hui. Ni même une limite qui sépare ! Longtemps, cette vallée des Alpes-de-Haute-Provence fut un pont entre la péninsule italienne et l’espace qui allait devenir la France. Ces variations n’ont pas été sans conséquences sur les formes prises par les sociétés qui se sont succédé ici jusqu’aux années 1950. Par Laurent Surmely, titulaire d’une maîtrise d’histoire moderne, et Hélène Homps-Brousse, conservatrice du musée de la Vallée à Barcelonnette.

PORTFOLIO : EX PATRIA, NOS COUSINS DU PIÉMONT

Pendant plusieurs années, le photographe Lorenzo Delfino a rassemblé en pleine montagne, sur la frontière entre la France et l’Italie, des familles originaires de l’Ubaye et des vallées piémontaises pour faire leur portrait. Une forme d’album sensible sur les migrations dont les images sont présentées dans la nouvelle scénographie du musée de la Vallée à Barcelonnette. Par Laura Fossati, ethnologue diplômée de l’université de Turin.

LIGNES MOUVANTES

Jusqu’où s’étendent les Alpes ? Les zones périalpines et leurs grandes métropoles en font-elles encore partie ? La question est loin d’être rhétorique. Le mode de délimitation va déterminer les politiques de coopérations alpines. Et leur champ d’application. Il faut en passer par là si l’on veut faire des Alpes un bien commun. Par Marie-Christine Fourny, géographe et enseignante chercheuse à l’université Grenoble-Alpes.

ON A FERMÉ LA MONTAGNE

La montagne tue à nouveau. Ou plutôt la politique de nos frontières. Une quarantaine d’exilés ont perdu la vie depuis 2015 alors qu’ils traversaient les Alpes à la recherche d’un avenir meilleur. Un cri de colère contre l’emmurement de l’arc alpin. Par Cristina Del Biaggio, maître de conférences à l’université Grenoble-Alpes.

LE PORTRAIT
PAOLO RUMIZ, LA MÉMOIRE DES LIEUX

Journaliste au quotidien italien La Repubblica, ancien reporter de guerre dans les Balkans et en Afghanistan, écrivain, auteur de nombreux récits de voyage, Paolo Rumiz est d’abord un voyageur. Un voyageur des territoires oubliés de l’Europe, auxquels il essaie de redonner une voix. Un voyageur qui remonte les fleuves de la littérature gréco-latine comme il descend le Danube et le Pô. Un voyageur qui fait resurgir des lieux leur dimension mythique. Par Sophie Boizard, éditrice et corédactrice en chef de L’Alpe.

LE GRAND ENTRETIEN
LE SISMOGRAPHE

ll a parcouru des pays en guerre, traversé l’Europe à pied, en bus, en bateau, en vélo et en train. Qui mieux que l’écrivain italien Paolo Rumiz pouvait nous parler des frontières politiques, sociales, imaginaires ou corporelles ? Dans un entretien exclusif, il nous raconte sa vision originale de la frontière : et si celle-ci permettait de mesurer les tremblements de terre socio-historiques du monde ? Propos recueillis par Sophie Boizard, éditrice et corédactrice en chef de L’Alpe.

ET AUSSI…

EXPOSITION
JONGKIND, PALETTE D’IMPRESSIONS

Le peintre hollandais aurait eu deux cents ans cette année. Pour célébrer ses années iséroises, le musée Hébert lui consacre une grande exposition qui revient sur l’ensemble de sa carrière. Où l’on s’aperçoit que celui qui a tant influencé les impressionnistes était également sensible aux femmes et aux hommes du monde rural qu’il côtoyait au quotidien. Par Laurence Huault-Nesme, directrice du musée Hébert à la Tronche (Isère).

BELLES FEUILLES
LOUIS

Il faut écouter parler Louis Oreiller, lui qui sait murmurer à l’écorce des arbres, à l’oreille des bouquetins, lui qui sait lorsque vient la neige. Ancien contrebandier, braconnier, bûcheron, garde du parc de Grand-Paradis, garde-chasse, le Valdôtain a fait tous les métiers. Licites ou non. Il faut écouter parler Louis ou Luigi de sa montagne. Du respect, de l’amour qu’il lui porte. C’est ce que fait l’anthropologue Irene Borgna dans Là où l’horizon est plat, je ne tiens pas. Et l’écrivain Paolo Cognetti, auteur de ce portrait sensible qui ouvre l’ouvrage.

C’EST UN BEAU ROMAN, C’EST UNE BELLE HISTOIRE…

Avec La fabrique des contes, le musée d’Ethnographie de Genève met en scène à sa manière (magistrale !) huit textes issus du répertoire traditionnel européen. Celle qui a dirigé le catalogue de l’exposition, nous propose ici une étonnante interprétation d’un conte alpin, L’ours amoureux… Par Federica Tamarozzi, ethnologue et conservatrice du patrimoine au musée d’Ethnographie de Genève.

L’OURS AMOUREUX

Sa plume fait grimper le plaisir en un doux crescendo. Le dramaturge Fabrice Melquiot propose ici, pour le musée d’Ethnographie de Genève, une étonnante réécriture des versions vernaculaires valdôtaines d’un conte alpin (auquel les scientifiques ont donné le petit nom de « conte-type ATU 301 ») et de sa version savante relatée par l’écrivain suédois Olaus Magnus au XVIe siècle. Un texte affriolant enluminé par les délicates touches colorées de Carll Cneut.

LES ACTUS DE L’ALPE

EXPOSITIONS, RENCONTRES, LIVRES, FORUM…

Toute l’actualité culturelle de l’Europe alpine, de Nice à Vienne et de Genève à Ljubljana : rencontres, beaux livres, colloques, musées, expositions, gastronomie, cinéma, courrier des lecteurs, etc. Ces pages fourmillent de nouvelles !

(pour toute question plus personnelle nécessitant une réponse de la rédaction, merci de cliquer plutôt sur le lien "Contacts" situé dans le bandeau bleu en haut de page).

L’Alpe 86
À saute-frontières


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