L'Alpe

L’Alpe 28 : à votre avis ?

PAR PASCAL KOBER

Merci d’avoir pris un peu de votre temps pour répondre à l’enquête publiée dans notre numéro de l’hiver dernier, destinée à mieux vous connaître et à améliorer votre revue. Beaucoup d’encouragements, un peu de critiques et quelques mots doux : les résultats sont allés bien au-delà de nos attentes. Mais place aux chiffres et aux commentaires…

Plusieurs centaines de questionnaires renvoyés (8 % de taux de réponse, dont 30 % par Internet), c’est un joli résultat pour les sondeurs et c’est surtout plus qu’il n’en faut pour que nous prenions très à coeur les conclusions de cette enquête. Même si ce sont des lecteurs davantage convaincus que la moyenne de l’intérêt de la revue qui nous ont répondu puisque majoritairement abonnés (81 %) et acheteurs de la première heure (64 % depuis le premier numéro).
Votre portrait-robot ? Un homme (78 %) quinquagénaire (32 %), vivant en couple (78 %) avec deux enfants (35 %) dans le quart sud-est de la France et la Suisse romande (63 % ; 14 % d’entre vous habitent toutefois en région parisienne) et dans une ville de moins de dix mille habitants (57 %). Votre niveau d’études est très élevé (40 % de bac + 5 et plus) et vous exercez une profession de cadre (40 %) dans un domaine lié à la culture, au patrimoine ou à l’environnement (30 %) avec un niveau de revenus mensuels d’environ trois mille euros (43 %).
Vos passions, vos envies, vos amours ? D’abord la lecture, bien entendu. Côté journaux, vos préférences vont vers Le Monde (34 %) et Libération (13 %) pour les quotidiens et vers Télérama (10 %), Géo (6 %) et Le Nouvel Observateur (6 %) pour la presse magazine (mais on trouve aussi quelques lecteurs de Charlie Hebdo …). Contre toute attente, moins de la moitié (49 %) d’entre vous lisent aussi les titres de territoire comme Alpes Loisirs ou Alpes Magazine . Un résultat qui nous conforte dans l’idée que le concept de L’Alpe est, au fond, à la fois différent et souvent complémentaire de l’approche plus touristique de ces magazines. Comme le précise l’un d’entre vous : «   L’Alpe est réservée à un créneau réduit de lecteurs mais c’est un régal. N’élargissez pas votre lectorat en devenant plus «  ordinaire  » dans les thèmes abordés et la qualité de leur traitement.  »
Concernant les médias audiovisuels, vous êtes des inconditionnels du service public (75 % pour la radio et 81 % pour la télévision) avec une très nette préférence pour France Inter (35 %) et pour Arte (30 %), TF1 n’étant «  souvent regardée  » que par 4,9 % d’entre vous, ce qui est plutôt rassurant… Mais vous êtes aussi très nombreux à affirmer ne pas avoir la télévision ! Côté livres, près de la moitié (47 %) achètent deux à trois ouvrages par mois. Vous vous intéressez surtout aux romans (69 %), aux beaux livres (59 %) et aux documents (58 %) et vous êtes également très nombreux à fréquenter assidûment les bibliothèques.
En terme de pratiques de loisirs, vous pratiquez souvent la randonnée (59 %), la musique (45 %), la photo (42 %) et l’informatique (38 %). L’alpinisme (11 %) et l’escalade (8 %) arrivent en dernière position. Parmi les autres activités, vous citez aussi spontanément le bricolage (16 %) et, dans les autres sports, le cyclisme (23 %) et la natation (13 %). Vous sortez souvent au cinéma (35 %), dans les musées (32 %) et les expositions (29 %) mais guère au théâtre (11 %) et 55 % d’entre vous adhèrent à une association ou une société savante.
Enfin, et c’est une surprise car nous dépassons ici très largement les moyennes nationales, 63 % d’entre vous sont équipés d’un lecteur de DVD et vous êtes 77 % à disposer d’une liaison Internet ! Ce résultat nous conforte dans la pertinence du traitement que nous accordons à ce nouveau véhicule de l’information tant en ce qui concerne la revue elle-même (notre nouveau cybercolporteur et ses adresses de sites complémentaires pour approfondir tel ou tel article, les nombreuses références à des adresses électroniques que nous vous donnons dans les pages «  Les Nouvelles de L’Alpe  » ou encore vos réactions publiées dans les pages «  Forum  » et qui nous arrivent souvent par courriel) que pour le développement du site de L’Alpe et des services qui lui sont associés : lettre d’information mensuelle, index en ligne et moteur de recherche sur l’ensemble des résumés de tous les articles publiés depuis l’origine (y compris en langue allemande, anglaise ou italienne), compléments bibliographiques ou articles publiés en texte intégral (dont certains inédits dans la version papier).

«  Un modèle de revue  »

Que nous dites-vous de L’Alpe ? En résumé : «  ne changez rien  » . Avec toutefois de nombreuses nuances de détails que nous allons tenter d’analyser ici et d’exploiter à l’avenir. Nos abonnés sont majoritairement satisfaits du service (96 %) et des cadeaux (images, calendrier, etc.) qui leurs sont réservés (89 %). Les points d’achoppement nous sont connus et malheureusement pour la plupart guère maîtrisables : quelques rares retards dans la livraison, imputables à la Poste (alors que les revues sont envoyées presque dix jours avant la mise en vente !) et un ou deux envois par trimestre qui arrivent en mauvais état en dépit de la solidité de notre emballage. Dans ce cas, nous renvoyons systématiquement un nouvel exemplaire à qui nous le demande. Côté cadeaux, ceux d’entre vous qui se disent pas totalement satisfaits nous indiquent le plus souvent qu’ils ne sont pas abonnés à L’Alpe pour ça.
De manière étonnante, 56 % de ceux qui ne sont pas abonnés achètent pourtant l’ensemble des numéros en kiosques ou en librairies et les 44 % qui l’achètent plus irrégulièrement n’en acquerraient pas davantage (78 %) si le prix passait de 15 à 10 € (soit approximativement le tarif préférentiel réservé aux abonnés). Il s’agit là vraisemblablement d’un effet de notre approche thématique, jugée toutefois contraignante par seulement 8 % d’entre vous. Chaque numéro de L’Alpe étant majoritairement dédié à un sujet principal, quelques lecteurs nous disent ne pas être intéressés par tous les thèmes traités. Ledit thème motive d’ailleurs entièrement l’achat de la revue (à 100 % !) plus que les sommaires (67 %) ou notre choix de l’image de couverture (56 %). Enfin, votre exemplaire est lu par deux à trois autres personnes que vous (65 %).
Pour vous, L’Alpe est d’abord une revue de culture et de patrimoine (75 %) davantage que de montagne (18 %). Comme le précise un lecteur : «  Un modèle de revue que j’aimerais voir décliner dans d’autres domaines où il n’y a rien, comme la photographie par exemple  » (nous aussi…). Vous la lisez dans son intégralité (45 %) ou au moins aux deux tiers (41 %). Parmi les thèmes que vous souhaiteriez voir traités à l’avenir, nombreux sont ceux qui sont d’ores et déjà programmés. Ce numéro sur l’architecture et la maison en faisait partie de même que notre prochain opus sur les transports dans les Alpes ou d’autres sujets comme les guerres, l’industrie ou les langues que nous évoquerons dans les années à venir. Curieusement, plusieurs thèmes déjà traités, comme la cuisine, la vigne ou la cartographie, nous ont été (re)demandés. Cela signifie-t-il que nous devrions les approfondir avec un deuxième volume ou que ceux qui nous les demandent n’ont pas consulté la liste de nos parutions (page 97) ? Enfin, la formule atypique de l’automne dernier, bâtie sur des articles plus courts et un almanach a séduit 73 % d’entre vous. Nous la remettrons probablement au programme en 2006 car elle présente l’avantage de vous présenter des articles très intéressants qui ne pourraient être publiés dans nos éditions habituelles faute de place.

«  Parlez simplement
de choses compliquées  »

Dans le détail des grands équilibres éditoriaux, vos réflexions sont également très instructives. Ainsi, pour ce qui concerne les textes, 49 % d’entre vous nous demandent de ne rien changer mais vous êtes tout de même 35 % à suggérer des articles parfois plus abordables. Ce que résume un lecteur : «  parlez simplement de choses compliquées et pas l’inverse  » . Une remarque que nous prendrons mieux en compte à l’avenir même si l’équilibre entre rigueur scientifique et bonne vulgarisation est toujours difficile à tenir (voir notre remarque en page 91 du numéro 25). Vos appréciations sur l’iconographie sont, quant à elles, plus consensuelles puisque 72 % d’entre vous souhaitent que nous ne changions rien. Les quelques nuances exprimées sont trop nombreuses pour être significativement prises en compte.
Parmi les rendez-vous réguliers, les pages «  Les Nouvelles de L’Alpe  » sont les plus appréciées. 85 % d’entre vous «  aiment  » ou «  aiment beaucoup  » (à l’exception, notable, du «  Forum  » qui ne recueille que 63 % des suffrages) et 27 % d’entre vous souhaiteraient même que nous leur accordions davantage d’espace. Le chantier de la réorganisation de ces pages sera donc prioritaire. Suivent, dans l’ordre, le portfolio (82 %), les Alpes d’ailleurs (78 %) et les articles extraits de notre futur Dictionnaire encyclopédique des Alpes (75 %). Sur le plan des approches, ce sont les angles historiques (95 %), géographiques (91 %) et ethnologiques (89 %) qui ont vos préférences au détriment de la prospective (58 %), de l’économie (56 %) et de la politique (55 %). Enfin, vous plébiscitez massivement la qualité de fabrication de la revue (papier, impression, reliure ; 95 %), le choix des thèmes traités (91 %) ainsi que les cartes et la mise en page (90 %).
Parmi les autres remarques plus «  ouvertes  », notons de nombreuses demandes pour des portraits ou de grands entretiens avec des personnalités «  reconnues ou méconnues, vivantes ou disparues  » (nous y réfléchissons), pour des espaces ouverts aux lecteurs (c’est déjà le cas dans les pages «  Forum  » et nous publions également régulièrement des articles de nos lecteurs) ou encore pour des articles plus ancrés sur la nature (faune, flore, écologie, environnement, etc.). Mais aussi pour «  des points de vue à contre-courant et iconoclastes  » , «  garder votre singularité et ne pas tomber dans la revue régionaliste  » (pas de risque !) voire «  des débats contradictoires sur des sujets d’actualité comme la réintroduction des grands prédateurs ou les politiques d’aménagement du territoire  » .
Quelques rares reproches concernent l’équilibre géographique des articles. Sur ce point, nous essayons de traiter de l’ensemble des régions alpines dans leur dimension européenne. L’Italie, depuis le val d’Aoste jusqu’à la Vénétie, est très présente par le travail de nos amis de l’édition italienne de L’Alpe . La Suisse également grâce à l’exceptionnel dynamisme des acteurs culturels helvétiques, musées, galeries ou éditeurs. Côté français, les Alpes du sud mériteraient peut-être davantage de pages mais les scientifiques oeuvrant sur ce terrain sont notoirement moins nombreux. Et la grande faiblesse de la revue reste la sous-représentation des Alpes orientales (Autriche, Bavière, Slovénie et Suisse germanophone) sur lesquelles nos efforts pour trouver des auteurs sont pourtant constants mais pas toujours couronnés de succès.
Reste le nerf de la guerre… L’économie d’une revue exigeante comme L’Alpe est fragile. Assise pour l’essentiel sur l’engagement de ses lecteurs (et singulièrement de ses abonnés), elle fait également appel à d’autres ressources (numéros hors-série, articles tirés-à-part, partenariats culturels, etc.) mais également à la publicité qui a été introduite, avec beaucoup de discernement, dès le numéro 3. Sur ce point, vous êtes seulement 8 % à la trouver gênante sans toutefois accepter que le prix de vente de L’Alpe soit revu à la hausse si nous nous en passions (trois lecteurs seulement nous ont suggéré un prix de vingt euros !). Surtout, vous êtes 73 % à juger ces pages informatives ( «  si elles sont de bon goût, créatives, inventives et singulières  » ). De quoi nous rassurer sur notre capacité à bien intégrer lesdites pages dans notre contexte éditorial. Car si dans un monde parfait, L’Alpe serait peut-être assimilée à (et financée comme) un service public, deux éléments ne sont pas tout à fait pour nous déplaire : le frisson de l’incertitude du marché qui nous pousse à l’excellence et, au fond, le seul soutien financier qui compte vraiment : le vôtre. Merci…

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