L'Alpe

L’Alpe 52 : éditorial

Vous pouvez dorénavant feuilleter L’Alpe à l’écran en petit format pour mieux saisir la richesse iconographique de la revue  ! Une douzaine de numéros sont disponibles dans cette nouvelle présentation. Voir notre rubrique «  Numéros parus  » dans le menu ci-dessus.

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À force de voyager en pensée (et en images) à travers les Alpes à chaque numéro de L’Alpe, l’envie nous a souvent saisis de prendre la clé des cimes ! Nous avions ainsi rêvé de filer au gré des rails à l’occasion de notre dossier sur les trains de montagne… à défaut de pouvoir effectuer un périple sur les traces des Alpins des Amériques. Cette fois pourtant, l’idée lancée en l’air de refaire la première traversée aérienne des Alpes fut rattrapée au vol par un auteur qui se double d’un pilote amateur. Ainsi, avons-nous levé l’ancre un beau matin, pour approcher au plus près ce qui poussait les pionniers de l’aéronautique à défier l’azur. Ce désir d’ailes, en somme…

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Voler. Un vieux rêve, une aventure nouvelle et la volonté de « vaincre ce qui n’a ni fin, ni bord, ni fond [et] dompter le vent » comme l’écrit Victor Hugo dans Plein ciel. Après avoir bravé les mers et les confins de la Terre, les hommes pouvaient-ils se contenter de contempler le ciel d’en bas ? Voire depuis les plus hauts sommets, dont la conquête accompagne d’ailleurs celle de l’air ? Les aérostiers et les aviateurs des premières heures ont fait preuve d’audace, d’inventivité et de persévérance, surtout en montagne où les courants d’air font des cabrioles. Comme Ferdinand Ferber testant ses planeurs dans le Mercantour, Géo Chavez grimpant « toujours plus haut » jusqu’à franchir les Alpes, puis les pilotes osant se poser sur les glaciers ou ceux d’aujourd’hui inventant les aéronefs du futur. Sans oublier cette joyeuse communauté libertaire qui met les voiles du haut des falaises et vole à tire-d’aile presque aussi librement que les oiseaux.

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À l’instar d’autres explorateurs de terres inconnues, certains ont payé ces exploits de leur vie. Ils ont surtout enrichi notre vision du monde. Car survoler la Terre, et plus encore lorsqu’il s’agit de montagnes, procure le miraculeux sentiment d’échapper à sa condition humaine. Et apporte une troisième dimension aux paysages. Dieu sait, par exemple, si les Cassini durent rêver d’un engin volant leur permettant d’embrasser les reliefs et ainsi réaliser plus facilement leur célèbre carte !

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De nos jours, les avions sillonnent le ciel et n’attirent plus les foules comme jadis les meetings aériens. Pourtant, à l’instant où les roues quittent le sol, la magie commence… Croiser dans les nues, à hauteur des sommets enneigés, et voir se dérouler la houle des Alpes à ses pieds reste une expérience inoubliable. Et qu’on ne cesse de vouloir répéter ; car attention, voler peut vite devenir une drogue ! Notre prochain numéro vous parlera d’ailleurs d’autres cieux…

Dominique Vulliamy
Rédactrice en chef adjointe

Tout juste un siècle après la première traversée des Alpes par l’aviateur péruvien Jorge Chavez en 1910, la rédaction de L’Alpe a refait ce parcours, mémorable à plus d’un titre, avec, dans le rôle du pilote, Alain Belmont, l’auteur de l’article lui-même. Quand le vécu rejoint l’histoire dans une belle aventure pleine d’émotions. Un reportage à lire dans ce numéro de printemps de la revue et dont quelques images inédites sont publiées ici.

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