L'Alpe

L’Alpe 78 : éditorial

Pour vous, le réchauffement climatique n’évoque rien ? Pas étonnant ! On confond encore trop facilement météo et climat. Alors, venez donc dans les Alpes… Installez-vous avec moi sur cette magnifique terrasse de bistrot en face des glaciers de la Meije et puis retournez-y un an plus tard. Vous comprendrez tout ! Ceux qui vivent aujourd’hui en montagne visualisent en temps réel les dégâts causés. Allez Donald, fais un effort. Je t’offre une mousse à La Grave (ou tu m’invites dans les Rocheuses) et tu y verras fondre les glaciers. Quasiment à vue d’œil !

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Au fond, ce ne sont pourtant pas tant les glaciers qu’il faut sauver. Pas davantage (n’en déplaise aux environnementalistes) que la planète, laquelle se débrouillera très bien (et même probablement mieux) sans nous. L’humain, en revanche, a quelque souci à se faire pour sa propre survie. Il y a soixante-cinq millions d’années, les dinosaures ne savaient pas. Et n’y étaient pour rien. Nous, si. Non seulement nous savons, mais en plus, nous en sommes (au moins partiellement) responsables. Et pas uniquement collectivement. Mais aussi (et surtout !) individuellement. N’est-ce pas, Donald ?

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Tel est le constat qu’il faut dresser après avoir bouclé le dossier très sensible de ce numéro de L’Alpe consacré au climat. Les chercheurs, glaciologues, géographes et autres écologues que nous avons sollicités pour écrire des articles sur l’état du monde, la neige, les sports d’hiver, l’alpinisme ou la végétation alpine sont unanimes. De même que ceux que nous avons rencontrés, comme le grand historien Emmanuel Le Roy Ladurie.

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Sale temps pour les glaciers. Sans parler du reste… Le rédac’ chef de L’Alpe reste pourtant un furieux optimiste. Des effets positifs de la montée des températures dans les Alpes, il ne se dégage pour l’instant que la possibilité de cultiver la vigne en altitude ou de découvrir de nouveaux Ötzis. Alors, à défaut de se lamenter (pas mon genre…), «  utopions » : un jour, nous satelliserons d’immenses capteurs solaires raccordés (par un fil, par induction ou que sais-je encore) à nos réseaux électriques. L’énergie sera enfin gratuite et nous aurons peut-être sauvé le glacier de la Meije, envoyé les pétrodollars aux oubliettes de l’histoire et tari le flux des réfugiés climatiques. Inventerons-nous cette machine digne de Vinci ou de Jules Verne avant de disparaître ? Ça, c’est une autre histoire…

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Pascal Kober
Rédacteur en chef

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