L'Alpe

L’Alpe 15 : à table !

Du bonheur plein l’assiette

Le plaisir de la cuisine alpine n’est ni dans une rauque rusticité qui exacerberait les vertus d’antan ni dans les grandes envolées lyriques d’une gastronomie ampoulée. « Simple, bel et bon », tel pourrait être l’objet de la quête du gourmet en altitude. Par Henri Pelletier.

Menu du repas du Club alpin français des Alpes-Maritimes en date du 22 décembre 1907. Collection Musée dauphinois

La marque du verrat

Le « repas du cochon » rythme l’année des paysans bas-alpins. Nourriture de base, avec le pain et les pommes de terre, le porc est célébré au cours de festins qui réunissent la communauté, selon un calendrier où les rituels païens bousculent allégrement les fêtes chrétiennes. Une tradition qui véhicule la forte identité des habitants de cette région des Alpes méridionales. Par Anne-Marie Topalov.

L’assommoir

Le pâté de grives parfumé aux baies de genièvre n’est plus qu’un souvenir. Désormais interdites, les ingénieuses lecques, ces pièges rustiques, ne parsèment plus les montagnes des Alpes du Sud. Et la manne venue du ciel a disparu des assiettes paysannes. Enfin, de certaines… Par Philippe Journoud.

À la mode de chez nous

Le diot bauju, cette saucisse, très originale et un temps oubliée, continue à faire les délices des habitants de la petite région savoyarde des Bauges. Une fabrication artisanale et familiale, à base de lard blanc et de choux vert, qui se perpétue envers et contre tout. Tradition archaïque ou vrai plaisir gustatif ? Par Marie-Anne Guérin.


Les diots baujus ne se cuisinent pas comme les saucisses traditionnelles de Savoie, avec vin blanc, oignon, etc. Simplement cuits délicatement et à petits bouillons durant dix minutes (on démarre à l’eau froide), les diots aux choux sont servis avec des pommes de terre à l’eau, une salade verte en entrée et de la tome des Bauges.
Photo : Yves Bobin – Musée dauphinois.

Cochonnailles savoyardes

Vaste famille que celle des charcuteries alpines. L’art de conserver la viande de porc se décline en une infinité de variantes d’un bout à l’autre du massif. Dans les Savoies en particulier, où chaque région marie avec bonheur ingrédients, techniques et préférences gustatives pour offrir une profusion de spécialités locales. Par Delphine Balvet, Laurence Bérard et Philippe Marchenay.

Boucanée au vent de l’alpe

Sécher la viande sans la fumer : une antique technique de conservation utilisée dans certaines régions de montagne. Héritière d’un savoir-faire et de secrets de fabrication jalousement gardés, la viande séchée du Valais est devenue une spécialité locale fort appréciée. Moins connue que celle des Grisons ou que la bresaola italienne, elle devrait bientôt obtenir la reconnaissance officielle de son authenticité. Par Martine Jaques-Dufour.

Tranche de bresaola, un autre type de viande séchée que l’on fabrique dans la Valteline, en Italie. Photo : Yves Bobin – Musée dauphinois.

Une fable d’Alexandre Dumas

Le bifteck d’ours, que l’auteur des Trois mousquetaires aurait lui-même dégusté dans une auberge de Martigny en Suisse, a fait couler beaucoup d’encre dans le courant du XIXe siècle. Car l’homme était, d’abord et avant tout, un fabuleux conteur d’histoires. Le romancier et sa vérité… Par Claude Schopp.

La grande invasion

Venues d’Italie, les pâtes ont largement conquis les Alpes. Restée longtemps domestique, cette production dont les variantes locales accusent une commune parenté, connaît depuis un siècle un notable succès industriel. À l’instar du géant Lustucru, né à Grenoble, plusieurs fabricants se sont imposés sur le marché, rappelant ainsi l’enracinement historique de la culture des pâtes dans les régions alpines. Par Silvano Serventi.

Ravioles et ravioleuses

Sur la photo de mariage se tient une femme en tablier blanc. C’est la « ravioleuse », chef d’orchestre des banquets du Royans et du pays de Romans, en Dauphiné. Variante d’un plat italien, les ravioles furent longtemps un mets de choix, réservé aux grandes occasions. Et l’on se disputait les services de celles qui en détenaient les secrets. Par Anne da Costa.

Et patate à papy et patate à tata

En Savoie, la pomme de terre est devenue, au fil des siècles, le légume de prédilection des grandes tablées familiales. Cuite sous la cendre ou amoureusement mijotée, la patate se prête à de sympathiques variantes au gré de l’esprit inventif des cuisinières. Si la péla fait désormais le bonheur des touristes sous le nom de tartiflette, la gamme des farçons et farcements réserve d’heureuses surprises gustatives. Par Marie-Thérèse Hermann.

Les semences du pain sans fin

Partager le pain, le levain et le labeur. Des gestes répétés à l’infini dans la ronde des générations. En pays de montagne, la cuisson périodique du pain rassemblait la communauté dans un cercle de chaleur et de vie sans cesse renouvelé. Une pratique ancestrale lourde de sens pour qui sait décrypter les signes… Par Claude Macherel.

Ça mord ?

Filets de perche sur les bords du lac Léman ou féra poêlé sur les rives de celui d’Annecy (accompagnés bien sûr d’un gouleyant vin blanc local…) comptent parmi les plaisirs gastronomiques alpins. Pratiquée depuis longtemps, la pêche représente une activité non négligeable dans ces régions de montagne dont les poissons ont toujours été réputés… Par Laurence Bérard et Philippe Marchenay.

Scène de pêche sur le lac Léman. Carte postale du début du XXe siècle. Collection Musée du Léman, Nyon (Suisse).

Ni trop, ni trop peu et bien au contraire

Que lit-on dans l’assiette des Vaudois et des Valaisans d’aujourd’hui ? Entre le papet aux poireaux des uns et la viande séchée des autres, les différences de goût et le choix des produits traduisent encore la forte relation de chaque canton à sa culture, sa religion ou son mode de vie familial. Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es… Par Isabelle Raboud-Schüle.

Miam !

Le fromage se prête à toutes les fantaisies. Il suffit d’un brin d’imagination et d’un soupçon d’audace. La vaste palette des productions alpines s’offre à d’insolites mariages de textures, de saveurs, voire de couleurs. Ces quelques recettes très originales sont une mise en bouche, une invite à explorer les richesses insoupçonnées de la cuisine. Par Jean Froc.

Un beau morceau de bleu persillé, quelques poires et du pain de mie, sans oublier une bonne bouteille de Beaumes de Venise, pour créer des toasts fromagers au goût délicat. Photo : Yves Bobin – Musée dauphinois.

Variations sur un même thème

Saveurs d’ailleurs et d’antan enrichissent le quotidien des minorités linguistiques des Alpes italiennes. Mélangeant traditions culinaires occitanes, germaniques ou slovènes, maigres ressources de leurs terres et herbes sauvages, ces populations apportent une touche originale à la « gastronomie » alpine. Inventive et surtout préservée, à l’instar de leur identité, cette cuisine commence tout juste à sortir de l’ombre. Par Wolfraud de Concini.

Oreillettes, mensonges et vie d’en haut

Ces friandises, c’est à pleines corbeilles qu’on les dégustait. Beignets dorés des jours de liesse et des belles veillées ! Sous des formes et des noms divers, ces merveilles font toujours notre bonheur au carnaval et sont l’une des rares sucreries alpines. Par Danielle Musset.

Portfolio :poyas de la Gruyère

À la queue leu leu, des vaches en route vers l’alpage trônent au-dessus des portes des granges en pays de Gruyère. Les poyas, expression artistique populaire originale, expriment l’attachement profond des paysans à la fabrication du fromage à l’alpe. Un mode de vie profondément ancré dans cette région. Par Denis Buchs.


Détail d’une poya de Paul Verly (1900-1969), datée de 1965. Peinture sur bois 95 x 250 cm. Auteur de plusieurs poyas dans sa jeunesse, Paul Verly, devenu responsable d’une exploitation agricole, ne se remit à peindre qu’en 1958. Il est très apprécié des paysans, séduits par son habileté à représenter fidèlement les caractéristiques du bétail. Ainsi de ce taureau qu’un armaillis tient «  à la maille  ».
Collection : Musée gruérien, cliché Denis Buchs.

 

ET ENCORE…

Do you speak montagne ?

Messieurs les Anglais ont écrit les premiers. À l’ère victorienne, les membres de l’Alpine Club écument les cimes tandis que le public, séduit par leurs récits publiés, colonise les massifs alpins. Du Grand Tour au tourisme, l’invention de la montagne par les Britanniques. Un texte extrait du Dictionnaire encyclopédique des Alpes à paraître aux éditions Glénat. Par Michel Tailland.

Gravure extraite de l’ouvrage de Victor Tissot, La Suisse inconnue (XIXe siècle). Collection Musée dauphinois.

Le forum des lecteurs de L’Alpe

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