L'Alpe

L’Alpe 19 : Des sports et des jeux

Le terrain de jeu de l’Europe

Gravure Edward Whymper, photo Pascal Tournaire,

Le titre du livre de Leslie Stephen, paru en 1871 à Londres, a fait florès pour désigner les Alpes et leurs multiples facettes ludiques. C’est en véritables explorateurs que les alpinistes abordaient alors ces contrées reculées, riches en parois vierges à conquérir mais également peuplées d’indigènes plus exotiques les un(e)s que les autres. Extraits.

Regrouper les alpinistes en associations. L’idée germe alors que la conquête des cimes bat son plein. Dès la fin du XIXe siècle, dans la foulée des Britanniques, des clubs alpins voient le jour dans toute l’Europe. Elitistes (et misogynes pour la plupart), ils ont largement contribué par la suite à populariser les activités de montagne. Par Olivier Hoibian.

Joutes alpestres

Collection Musée dauphinois. Cliché : Yves Bobin.

Ethnologues avant l’heure, de nombreux voyageurs parcouraient les Alpes au XIXe siècle, rapportant au retour les étonnantes coutumes des populations montagnardes. Ainsi de ces traditionnels jeux de force suisses décrits par Jules Gourdault, auteur d’un bel ouvrage en deux tomes, La Suisse, études et voyages à travers les 22 cantons (illustré de 750 gravures sur bois), publié en 1879 à Paris, librairie Hachette.

Le jeu du cornichon

Une pétanque alpine originale s’est longtemps pratiquée en région savoyarde. Rituel ludique réservé aux hommes, le «  cornichon  » est un jeu d’adresse et d’imitation qui rassemble les villageois pour un parcours festif autour du territoire communal. Par Nicolas Abry.

Portfolio : la mémoire du sport

C’est un artisan. Au plus beau sens du terme. Celui de la racine étymologique. Qui a quelque chose à voir avec l’art, le goût pour le travail bien réalisé et l’attention portée aux petits détails qui font l’essentiel. Gérard Vandystadt est un artisan de l’image. Par Pascal Kober.

Les maîtres des cols

Le Tour de France aura cent ans cet été. Dont quatre-vingt-douze passés dans les «  grandes Alpes  » entre le col des Aravis et celui de Restefond. Le quotidien L’Equipe, à l’origine de l’épreuve, vient de faire paraître à cette occasion un remarquable coffret historique. Où l’on découvre qu’écrire pour un journal sportif n’empêche ni le lyrisme ni les qualités littéraires. Par Henri Desgrange et Antoine Blondin.

Le plus beau métier du monde

Photo Pascal Tournaire.

«  Pas le plus vieux, non, le plus beau. C’est tout du moins ce que tout le monde croit.  » Ainsi Jean-Marc Aubry évoque-t-il sa profession : accompagnateur en moyenne montagne. Randonner sur l’alpe avec des groupes hétéroclites n’est pourtant pas toujours de tout repos. Une semaine de vacances, chronique vécue récemment parue aux éditions Guérin, en donne un malicieux aperçu. Bonnes pages.

Alpinisme au féminin

On the summit, illustration de R. Caton Woodwill parue dans The illustrated London News, 21 août 1895. Collection Yves Abraham.

Bravant les préjugés, elles affrontaient les neiges et les rocs en jupe et en corset. Une poignée de hardies pionnières ont ouvert l’alpinisme à la gent féminine. En deux siècles, les femmes se sont imposées dans cette activité qui semblait réservée aux hommes. Mais si elles ont conquis des sommets, elles sont encore loin de la parité… Par Ingrid Runggaldier.

Par vents et par vaux

Au-dessus de Saint-Hilaire-du-Touvet, sur le plateau des Petites-Roches, au pied de la Dent de Crolles. Photo Xavier Murillo.

Les voyageurs du ciel, pilotes chevronnés, ne se contentent plus de descendre des montagnes en parapente. Navigateurs au long cours, ils parcourent désormais des centaines de kilomètre

Les voyageurs du ciel, pilotes chevronnés, ne se contentent plus de descendre des montagnes en parapente. Navigateurs au long cours, ils parcourent désormais des centaines de kilomètres en jouant à saute-mouton avec les massifs sous leur drôle de bout de tissu coloré. Un sport tout en finesse qui offre à ses adeptes d’habiles jeux d’air et l’ivresse du grand large. Par Xavier Murillo.

Le vrai toit du monde

Braco le guide, au fond du café, raconte toujours la même histoire. De préférence quand le temps est à la tempête. La brume lui monte au cerveau lorsque le brouillard cache le clocher. Ça l’inspire. Braco était un grand guide. Il l’est toujours, au moins en paroles, mais il traîne la patte. Sa voix accompagne la tourmente. C’est comme un bruit de fond. Il parle de sa plus grande course : le pic Coolidge. Attention, ne riez pas, il pourrait se fâcher. Une nouvelle de René Siestrunck.

Fils de pub

Miroir de nos désirs, la publicité donne à lire, en filigrane, les courants de pensée de nos sociétés. Dans ce domaine, le microcosme des sports de montagne permet un passionnant décryptage. Enquête sur les dessous (chics ?) des pratiques alpines. Par Philippe Bourdeau et Guillaume Vallot.

La montagne pervertie

Sous Vichy, les vertus magnifiées de l’alpinisme sont largement détournées au service de la propagande d’un régime collaborationniste. Le credo du gouvernement est simple : régénérer la nation par le sport. Regard sur une appropriation idéologique. Par Alice Travers.

ET ENCORE…

Un prince turc dans les Alpes

Djem et son escorte après son arrivée en France. Gravure sur bois illustrant l'édition incunable du manuscrit de Guillaume Caoursin (Ulm, 1496), dont la légende indique : "Zizim chevauchant avec quelques Turcs".

Djem et son escorte après son arrivée en France. Gravure sur bois illustrant l’édition incunable du manuscrit de Guillaume Caoursin (Ulm, 1496), dont la légende indique : «  Zizim chevauchant avec quelques Turcs  ».

Retenu captif au pied du Vercors, jouet d’intrigues politiques, le sultan Djem fut ballotté de part et d’autre des Alpes. Entre la rigueur de froides forteresses et la douceur de belles jouvencelles, le tragique destin d’un prince ottoman en exil. Par Anne da Costa.

A quoi va servir l’année des montagnes ?

«  Le machin qu’on appelle l’ONU  » (selon la célèbre expression du général de Gaulle) vient de clore l’année internationale des montagnes 2002 par un Sommet mondial qu’accueillait Bichkek, la capitale du Kirghizstan. Une grand-messe bruissante de belles déclarations et pavée de bonnes intentions, résumées dans un document officiel, la «  Mountain Platform«  . Dans l’assemblée, Garth Willis écoutait attentivement. Il est sorti perplexe de ce Sommet… Réflexions pragmatiques d’un homme de terrain.

Alpes d’ailleurs : le soleil dans la chambre noire

Labours dans les collines de Bocicoel (Maramures, Roumanie). Photo : Dan Dinescu. Né en 1940 à Bucarest, ce photographe a d'abord fait des images aériennes pour le musée d'Histoire de Roumanie avant d'effectuer un travail de terrain pour le musée du Paysan. Depuis 1995, il exerce ses talents au sein d'une société privée. Il est co-auteur, avec Ana Barca, de The Wooden Architecture of Maramures (Humanitas, Bucarest, 1997).

Dans les Carpates, au nord de la Roumanie, des paysans vivent encore au rythme paisible de coutumes ancestrales et de savoirs préservés. Sublimés par le regard lumineux du photographe Dan Dinescu, leurs gestes et leurs usages, leurs visages et leurs villages rayonnent à contre-jour et à contre-temps. Voyage au Maramures. Par Claude Macherel.

Passages de l’alpe

Dans le cadre du Grenoble Jazz Festival, "Passages de l'alpe" propose notamment une création musicale du Johnny Staccato Liberation Music Orchestra avec le trompettiste italien Flavio Boltro et le musicien gnaoua Majid Bekkas sur les traces d'Hannibal franchissant les Alpes.

Dans le cadre du Grenoble Jazz Festival, «  Passages de l’alpe  » propose notamment une création musicale du Johnny Staccato Liberation Music Orchestra avec le trompettiste italien Flavio Boltro et le musicien gnaoua Majid Bekkas sur les traces d’Hannibal franchissant les Alpes. Photo Pascal Kober.

La culture musicale alpine existe-t-elle ? Et si oui, que peut-elle bien générer dans l’imaginaire des compositeurs contemporains évoluant dans les mondes du jazz, de la musique contemporaine ou de la relecture des traditions ? Des questions qui seront au coeur de Passages de l’alpe, l’un des temps forts du Grenoble Jazz Festival et que Daniele Jalla a réinterprétées à sa façon.