L'Alpe

L’Alpe 44 : Guerriers des cimes

Feuilleter le numéro 44 de L’Alpe

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Le dossier

8-9

Débat
À quoi servent (encore)
les chasseurs alpins  ?

Des troupes de montagne sous les tropiques et des parachutistes de la marine dans les montagnes afghanes ! Le monde (militaire) à l’envers… Depuis quelques décennies, ce corps d’élite semble pour le moins marginalisé. Son image s’est ternie et la spécificité qui faisait sa force est devenue un handicap. Enquête sur des Alpins en crise. Par Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération.

Guerriers et montagnards

Il y a cent vingt ans, des bataillons alpins de chasseurs à pied voyaient le jour en France. Formées à la dure, ces troupes d’élite ont été de tous les combats au cours des deux guerres mondiales. Paradoxe de l’histoire, puisque l’armée moderne semble vouloir les mettre au rancart… Par Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération.

20-212

Sur le front de l’hiver

De 1915 à 1918, les Alpes orientales voient les troupes italiennes affronter celles de l’empire austro-hongrois dans une terrible guerre de haute montagne. Des cimes dolomitiques jusqu’au plateau karstique de Vénétie julienne, les combattants sont aussi confrontés à un ennemi redoutable, l’hiver, comme en témoignent lettres et journaux de soldats du Trentin, alors territoire autrichien. Par Quinto Antonelli, chercheur attaché au musée d’Histoire du Trentin.

Mon alpe
Vercors, deux poids, deux mémoires

Dire une montagne intime, faire partager un souvenir, une émotion, un coup de cœur, telle était la vocation de notre numéro des dix ans. Notre appel a généré de nombreux articles qui n’ont pas tous pu trouver place dans cette publication anniversaire. « Mon alpe » ouvre donc un nouvel espace, au fil des parutions de la revue, pour accueillir des regards personnels, décalés, voire dérangeants. Ce trimestre, voici l’alpe de Jean Serroy, professeur émérite de littérature à l’université de Grenoble.

30-31

L’homme à la mine rebelle

Un petit gars de l’ombre éclaire la grande Histoire en quelques traits sobres et puissants. Engagé dans les maquis du Dauphiné en 1943, Jacques Barré, dit Abdon, a croqué au jour le jour la vie et les combats de ses compagnons en résistance. Un regard intime et rare. Par Patrice Morel, grand reporter à France 3.

Belles feuilles
Baptême du feu en val d’Aoste

En juin 1940, l’Italie déclare la guerre à la France. Engagé dans les chasseurs alpins, à Aoste, Mario Rigoni Stern a tout juste dix-huit ans. C’est le début d’un conflit qui va le mener jusqu’au fond de la Russie, des années terribles qui seront au cœur de plusieurs ouvrages de l’écrivain. En guerre s’ouvre par le récit des premières escarmouches sur la frontière, petit avant-goût de l’enfer qui attend le jeune caporal dans les montagnes glacées d’Albanie. Extrait.

La guerre des moutons

Investi par l’armée, le plateau de Canjuers, dans les Préalpes provençales, est depuis quarante ans le plus grand champ de manœuvres d’Europe. Aux dépens des habitants et de leurs troupeaux, expropriés manu militari. Aujourd’hui, chars et brebis cohabitent plus ou moins. Une histoire de guerre et bêêê… Par Guillaume Lebaudy et Audrey Pégaz-Fiorney, ethnologues.

48-49

Pratique
1915-1918 : sur les traces de la Grande Guerre

Notre guide pour vivre le patrimoine dans les Alpes orientales. Par Daniel Léon, journaliste à L’Alpe.

Pratique
Vercors  : dans les pas des maquisards

Notre guide pour vivre la Résistance sur le terrain. Par Philippe Hanus, historien au centre permanent d’initiatives pour l’environnement du Vercors.

& aussi

Réédition
La Suisse inconnue

D’une plume caustique, l’auteur de cet ouvrage publié en 1888, raille une Suisse de bazar qui se vend sans vergogne. Alors que des visiteurs se pressent dans l’Oberland, il entraîne le voyageur curieux loin de ces touristes dont il brosse un portrait au vitriol. Ces pages inaugurent une nouvelle série de publications de textes issus des riches collections d’ouvrages anciens du Musée dauphinois. Par Victor Tissot, homme de lettres et de presse.

64-65

Portfolio
Uli Wiesmeier. L’envers du décor

 

Le photographe allemand propose une vision sombre de la montagne en détournant une série de stéréotypes alpins. Des images étonnantes et une démonstration par l’absurde, qui questionnent notre relation à cet univers promu objet de consommation. Par Dominique Vulliamy, rédactrice en chef adjointe de L’Alpe.

Alpes d’ailleurs
L’enfant perdu du Pacifique

Le mont Puké est un sommet français… surgi de l’océan Pacifique à quelque vingt mille kilomètres des Alpes ! Culminant à 524 mètres sur l’île de Futuna, en Polynésie, il est le protagoniste d’une amusante histoire de tortue et de baleine. Trouver le chemin de la cime dans l’abondante végétation qui le recouvre est une aventure qui se mérite. Car du haut de ce bout de terre isolée, on domine le monde ! Par Jean Kouchner, journaliste, professeur à l’université de Montpellier.

76-77

Exposition
Jean Achard, peintre paysagiste

Le  musée Hébert (Isère) lève le voile sur cet artiste (1807-1884), seul Dauphinois à trouver place, en son temps, auprès des Corot, Boudin ou Jonkgind. Loin de se cantonner à une peinture régionaliste, Achard fera carrière à Paris mais il influencera la peinture de montagne. Cette exposition, accompagnée d’un beau livre, propose de (re)découvrir un grand paysagiste. Par Laurence Huault-Nesme, directrice du musée Hébert.

Les actus de L’Alpe

82-83

Rencontres, livres, expositions, forum

Toute l’actualité culturelle de l’Europe alpine, de Nice à Vienne et de Genève à Ljubljana   : rencontres, beaux livres, colloques, musées, expositions, gastronomie, cinéma, courrier des lecteurs, etc. Ces pages fourmillent de nouvelles !

2 commentaires pour “L’Alpe 44 : Guerriers des cimes”

  1. Michel Jossen dit :

    Merci pour ce numéro de L’Alpe, toujours aussi passionnant et bien documenté.

    Concernant la première guerre mondiale dans les Alpes italiennes, j’ai eu l’occasion de visiter à plusieurs reprise la mine de Cave del Predil dans les Alpes Juliennes. Celle-ci a joué un rôle important et méconnu (les Italiens ne s’en vantent guère) dans l’issue de la bataille de Caporetto de l’automne 1917. À cette époque, la mine appartenait à l’empire austro-hongrois, et de 1899 à 1905, un tunnel de 4,8 km y avait été creusé à 240 mètres sous terre, pour évacuer l’eau qui s’infiltrait dans les galeries. On envoyait ainsi, l’eau du bassin du Danube dans celui de l’Isonzo et côté «  slovène », une petite centrale électrique fournissait le courant suffisant pour éclairer le tunnel et faire fonctionner un petit train grâce à une turbine Francis de 35 k‹. Et c’est à travers ce tunnel que passèrent au nez et à la barbe des Italiens qui bombardaient sans relâche les forts situés devant et derrière le col, 448 890 soldats, 240 094 tonnes de vivres, munitions et autre matériel qui contribuèrent à la victoire de Caporetto !

    Plus tard ce tunnel resta en service pendant de nombreuses années, jusqu’à la fermeture de la mine en 1991, mais elle servit, pendant les hiver rigoureux où le col de Predil était bloqué par la neige, au passage des mineurs de l’ex-Yougoslavie. Et là-dessous, on trouve encore le portail métallique derrière lequel se tenait un gendarme et un fonctionnaire de la police des frontières côté italien et un ou des représentants de l’armée fédérale côté yougoslave, à 240 mètres sous terre !

    Autre chose aussi. A Valbruna (Wolfsbach avant la guerre), se trouve une petite maison d’édition : edizionisaisera@valbrunaitaly.com qui dispose d’une photothèque impressionnante sur la première guerre dans les Alpes Juliennes et a publié quelques ouvrages dignes d’intérêt. Ils ont par exemple retrouvé le journal d’un franc-tireur toscan publié sous le titre Il dovere o la ragione qui nous livre les réflexions intimes d’un homme d’une très grande lucidité. J’en ai traduit les passages les plus marquants et les enverrai volontiers par mail aux personnes intéressées ainsi que les adresses de l’éditeur ou du musée de la Mine et du musée de la guerre de Cave del Predil.

    Michel Jossen

  2. Stylovie dit :

    Bonjour,
    je suis journaliste-auteur-voyageur. Pologne, Vietnam, Sénégal, Québec. Bientôt la Réunion, enfin, j’espère. Voir http://stylovie.canalblog.com. Sous l’impulsion de Jacques Lacarrière, écrivain bourguignon, je me suis lancée dans l’écriture. En ce moment, je prépare une résidence en Bourgogne pour inventer une histoire autour d’un moulin / salle d’expo. Je ne suis jamais allée en montagne. Je ne sais pas pourquoi, c’est tout près et j’adore. J’irai un jour, sans doute, faire un travail d’écriture, ou d’interprétation du patrimoine, une résidence, peut-être, comme comme je suis en train de faire en Bourgogne. En attendant, je viens de regarder pour la centième fois La Voie Jakson et j’en ai tiré ce petit texte.
    L’alpiniste
    Il y a plus de trois heures que l’homme a commencé l’ascension de l’Aiguille, l’un des plus beaux sommets des Alpes. Il avait trop envie de connaître par corps les sensations, les émotions qu’il connaît par coeur à travers le film et le livre La voie Jackson, de Gérard Herzog. Quand il s’était mis en route, il faisait beau. La journée s’ouvrait comme un fruit mûr gorgé de jus mais maintenant qu’il est accroché à la paroi rocheuse un vent sirupeux s’est levé dans l’échancrure de la vallée. L’orage est proche. L’homme sait qu’il doit redescendre. Ce qu’il a appris dans la Voie Jakson le crie. Il continue cependant, tiré vers le sommet par une envie gonflée de l’attente de toute une vie. Il continue. Défier les éléments, se défier lui-même, trouver enfin sa source, quand il se rêvait guide de haute montagne, quand il n’était pas encore un de ces rampants qui vivent dans l’amollissante tranquillité des villes. Voilà donc, se dit-il, à quoi rime cette folle équipée dans le ventre de la montagne. Au fur et à mesure qu’il rampe contre la paroi, accroché à la corde comme un foetus à son cordon ombilical, l’homme sent ses pensées s’éparpiller dans tous les sens.La folie est sur lui et maintenant il entend sa voix… et voici qu’une rumeur de ciel s’allume d’une colère neuve. C’est la voix de la montagne qui tonne à pleins poumons, la montagne défiée, déifiée, bourdonnante d’abeilles à ses oreilles restées si longtemps sourdes à la voix de la montagne. Un rire d’eau éclate au front de cette heure blanche, vide de mémoire. Il pleut. Ecrasé contre la paroi, le corps de l’homme est fouetté par la pluie, la grande pluie des baptêmes et des initiations qui baratte la peur pour en faire un bloc de courage. L’homme crie : « Moi aussi je suis un montagnard, nous sommes de même sang, Jakson, Miche, Charlot, le Kid, Alexandre, Georges. » Plus que quelques mètres. L’homme continue. Une bourrasque. L’homme va lâcher prise, sa main griffe l’air haché de pluie. « Prends ma main », dit une voix tombant du sommet. Sa main se resserre sur la main tendue vers lui.

(pour toute question plus personnelle nécessitant une réponse de la rédaction, merci de cliquer plutôt sur le lien "Contacts" situé dans le bandeau bleu en haut de page).

L’Alpe 44
Guerriers des cimes

Plongeurs offensifs du deuxième régiment étranger de Génie à l’entraînement au lac du Bourget (Savoie). Créée en 1999, cette unité de la Légion étrangère apporte ses compétences spécifiques à la brigade d’infanterie de montagne, à laquelle elle est intégrée. Photo : Philippe Poulet.

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