L'Alpe

L’Alpe 04 : villégiatures

(Vivre) entre parenthèses…

Bulle de rêve, la villégiature est une rupture lumineuse dans la grisaille du quotidien. Aspiration de tout homme, privilège de certains, elle est de toujours et de partout. Pour goûter cet éphémère plaisir d’un ailleurs hors du temps, pour loger cette vacance de l’être, il faut planter le décor, un lieu qui se prête au jeu, à la fête et à la fantaisie. Villa, palace ou chalet, le flacon importe, qui doit procurer l’ivresse…

Photo : Jean-Marc Blache.

La grande saga de l’hôtellerie de montagne

Et l’aubergiste se mua en maître d’hôtel… En ce XIXe siècle bouillonnant, l’Europe entière se déplace pour voir le soleil se lever sur les Alpes. Alors que les démons font place aux merveilles, les modestes auberges des pionniers ne suffisent plus à accueillir des voyageurs devenus touristes. Des bords de lacs aux promontoires panoramiques, hôtels et palaces vont fleurir. Une ère nouvelle s’ouvre, celle de la villégiature, qui va joindre l’agréable à l’utile.

Cette gravure sur bois (1866) du Rigi dépeint avec beaucoup d’humour ce haut-lieu si fréquenté, véritable archétype du site touristique. Il s’agit en fait, comme le précise le titre, «  Verlobung auf dem Rigi  », d’une fête de fiançailles. Un embarquement pour Cythère dans l’alpe… Collection Musée dauphinois.


La bonne renommée de la maison Cimaz

Un aubergiste avisé de Haute-Maurienne pressent qu’en cette fin de XIXe siècle, l’engouement pour les montagnes laisse augurer un bel avenir pour le tourisme. L’hôtel qu’il construit alors deviendra vite un haut lieu de villégiature, fort apprécié et très fréquenté. Une affaire de famille, qu’évoque l’un de ses descendants.

Document : Françoise Cimaz.

L’enfer du décor

« Luxe, calme et volupté ». Ce paradis que le citadin est venu chercher au pied des cimes n’a pas forcément grand chose à voir avec les réalités locales. Lieu idéal où se joue une pièce, celles des vacances, la villégiature alpine se doit en effet d’offrir un décor de rêve, un univers chaleureux et dépaysant, alliant les saveurs de l’alpage à un confort velouté.

L’art de (bien) vivre à la montagne ou comment interpréter les lieux pour mieux séduire. Un décor chaleureux qui fleure bon le bois ciré, une mise en scène où rien ne manque pour accueillir le citadin venu chercher ici les «  saveurs du terroir  » dans un confort douillet.. Photo : Jean-Marc Blache.

Chalet : aux origines était la bouse…

La culture de villégiature charrie au présent ses concepts préfabriqués à partir d’une certaine idée du passé : le mot « chalet » n’y a pas échappé. Une rapide archéologie du sens de « chalet » peut nous révéler l’histoire à laquelle ont été soumises nos sensibilités culturelles.

Seiler : l’empereur de Zermatt

L’imposante silhouette du Cervin est encore loin de figurer sur les boîtes de chocolat quand un homme vient s’ancrer au pied de la pyramide. Alexandre Seiler n’est pas « du pays ». Il veut pourtant implanter à Zermatt une hôtellerie de qualité qui va bouleverser le hameau paisible et ses rudes habitants. Histoire d’un combat.

Document de promotion pour l’hôtel Seiler, vers 1927. Collection : Yves Abraham.

Penser une nouvelle villégiature

En moins d’un siècle, on est passé du palace des neiges à l’usine à skieurs. Souvent décriées, nos stations de sports d’hiver, devenues depuis stations de montagne, répondent pourtant parfaitement et de manières fort diverses aux interrogations et aux besoins d’une époque. Guy Rey-Millet fut l’un des acteurs de ce développement économique alpin sans précédent. Il revendique ici des choix iconoclastes mais raisonnés.

Et l’homme inventa le studio-cabine…

Sarcelles-sur-neige n’existe pas. Contrairement aux idées reçues, l’architecture et l’urbanisme des stations de montagne récentes ne peuvent se résumer à des politiques spéculatives ou au déplacement de grands ensembles de la ville vers les sommets. Du concept à la réalisation, histoire de ces monuments d’une pensée architecturale moderne qui sont d’ores et déjà classés au rang d’oeuvres d’art.

Au bonheur du randonneur

Le gîte d’étape n’a pas d’équivalent chez nos voisins transalpins. Mieux, l’expression elle-même ne trouve aucune traduction en langue allemande ou italienne. Car au fond, il s’agit bien d’un concept nouveau, inventé après mai 68 pour faire oublier que la France n’avait, jusque là, pas fait beaucoup d’efforts pour favoriser le développement rural via l’accueil et le tourisme.

Un été 38 en Engadine

Sur le chemin de la Bernina, un enfant médium a la prémonition du terrible conflit qui s’annonce. Derniers beaux jours d’une villégiature d’avant-guerre à Saint-Moritz. Bien des années plus tard, le charme désuet des lieux ravive ses visions, ses souvenirs et ses cauchemars.

Les deux faces de l’alpe

Là-haut sur la montagne, était un beau chalet… Un chalet de carte postale. Juste une toute petite carte postale qui, relue avec les yeux de l’amour (pour les hommes) et réinventée par l’esprit de l’ethnographe, dévoile bien des mystères.

Tuitel rempli de petit-lait sur le dos, sac à victuailles à l’épaule, le petit Heinrich apporte aux faucheurs leur repas de midi. Blatten vers 1914. Dessin à la plume de Karl Anneler, in «  Lötschen  » de Edwig et Karl Anneler, Berne, 1917.

Hôtel Bel Veder

Un palace de montagne, échoué comme un vaste navire pétrifié face à un océan de cimes, peut-il ensorceler l’imprudent voyageur qui se hasarde à franchir ses portes ? Ou n’est-ce qu’un mirage dû à l’altitude, un fantasme d’auteur ?

Illustration : François Brosse.

Le drapeau suisse flotte sur La Marmite

L’école hôtelière de Lausanne domine la Riviera lémanique d’où le voyageur découvre les premiers sommets des Alpes. Depuis plus d’un siècle, elle rayonne bien plus loin que ne porte le regard. Les anciens élèves (dont certains noms prestigieux) ont exporté le savoir-faire suisse en matière d’accueil et de restauration dans le monde entier. Visite guidée…

ET ENCORE…

Portfolio : le musée de la montagne de Turin

D’hier à demain, Aldo Audisio, directeur du musée de la Montagne de Turin brosse le portrait de son action, de ses envies et de ses passions. Dans les pages qui suivent, L’Alpe vous présente en détail l’imposante activité éditoriale d’un professionnel atypique dont la profession de foi tient en un mot : mémoire.

Affiche publicitaire pour la petite tour panoramique du musée de la Montagne réalisée en 1880 par Bonfiglioli.

Pays, (vins) et fromages

Sur le plateau des fromages de Rhône-Alpes, la Savoie en fait des montagnes. Par nature, par culture, par ténacité aussi. Montagnes de Beaufort, de Reblochon, d’Abondance, de tommes, de vacherins… Sur tous les plans, les deux Savoies dominent et dessinent un duché fromager qui pourrait prétendre à l’indépendance et qui, parfois, affiche quelques velléités à ce sujet, non sans motif. Le cas du Beaufort et des tommes…

Le langage des signes

Baliser les Alpes pour en dire les caractéristiques, mais aussi les dangers et les saveurs, telle est la vocation de la signalisation routière. Indispensables, ces panneaux familiers se lisent sans vraiment retenir notre attention. Pourtant, depuis le vieux symbole de la route en lacets, la signalétique s’est déclinée en de multiples variantes, s’adaptant aux contraintes locales, en particulier dans les régions alpines européennes.

Alpes d’ailleurs : mon chalet suisse au Canada (article en texte intégral)

Il y a tout juste cent ans, un homme débarque sur le quai d’une petite gare de Colombie-Britannique. Edouard Feuz est guide de montagne, ne parle pas un mot d’anglais et arrive tout droit d’Interlaken pour découvrir ces montagnes sauvages où ne s’aventurent que quelques trappeurs et prospecteurs. À l’orée du siècle, les Rocheuses canadiennes sont encore une vaste terra incognita. Une grande compagnie ferroviaire, la Canadian Pacific Railway, a pourtant l’idée géniale de faire de ces Alpes-là une réplique de la Suisse dans le but d’y développer le tourisme ! Go west…

Photo : Whyte Museum of the Canadian Rockies.

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