L'Alpe

L’Alpe 01 : gens de l’Alpe

Les racines de l’alpe (Texte intégral)

Terme d’origine gauloise, selon le grammairien Servius, le mot « alpes » fonde les civilisations montagnardes. Décliné dans tous les idiomes (alm, arp, ar…), il a été déformé et remanié à travers les âges et les régions. Retour aux sources. Par Christian Abry, professeur de phonétique à l’université de Grenoble, Hubert Bessat, alpiniste et chercheur indépendant et Elisabetta Carpitelli, maître de conférence à l’université de Nice.

L’herbe et le berger (Texte intégral)

Gérard Schlosser. « Elle était avec sa gamine », acrylique sur toile, 1981 (détail). Galerie Beaubourg, Vence. © ADAGP, Paris, 1998.

Entre 1 400 et 2 800 mètres d’altitude, l’espace alpin est, par nature, un immense espace d’herbe. Sans herbe, pas d’herbivores. Sans herbivores, pas d’hommes dans les montagnes. L’herbe est le préalable à tout. Le patrimoine fondateur de l’alpe. Par Jean Blanc, berger-éleveur transhumant, initiateur des écomusées.

A l’aube du monde dans les grottes-bergeries

Au Néolithique, l’homme entama un vaste processus de domestication de la nature qui le vit investir aussi les territoires d’altitude. Cinq mille ans avant notre ère, les premiers bergers alpins « inventèrent » l’alpage et la transhumance. Des méthodes d’investigation nouvelles permettent d’établir que les grottes-bergeries s’inscrivent dans une véritable économie pastorale, révélant une remarquable gestion des animaux. Par Alain Beeching, Jacques-Léopold Brochier et Hassan Sidi Maamar, chercheurs au Centre d’archéologie préhistorique de Valence (CNRS).

A la conquête de l’alpage

Partis des hautes vallées, les pionniers alpins colonisent les pentes dès le Moyen Âge, défrichant patiemment les forêts pour y créer des alpages. Au cours de cette période immensément féconde, une société dynamique et structurée se met ainsi en place dans les Alpes. Le Beaufortain offre un exemple privilégié de cette appropriation d’un espace essentiel à la subsistance des populations montagnardes. Par Hélène Viallet, directrice des Archives départementales de Haute-Savoie.

Le bâton du feu (Texte intégral)

Les traditions communautaires qui caractérisaient les sociétés alpines ont laissé peu de traces matérielles. Ce qui rend d’autant plus intéressant ce bâton de la garde du feu (appelé bâton du foua) provenant du hameau de Passy, sur la commune de Sixt-Fer-à-Cheval, en Haute-Savoie. Par Christian Abry, professeur de phonétique à l’université de Grenoble.

Le paradoxe alpin

En dépit des clichés, les sociétés alpines n’ont jamais été refermées sur elles-mêmes. C’est ce que montrent les travaux récents des ethnologues qui ont découvert des populations plutôt plus éduquées qu’ailleurs, curieuses de tout et sachant parfaitement adapter (voire faire évoluer) leurs modes de vie face un environnement difficile. En somme, un pays a priori fermé et pourtant très ouvert sur le monde… Par Pier Paolo Viazzo, historien et anthropologue, enseignant à l’université de Turin.

Les Alpes reconstruites ? (Texte intégral)

Photo : Antonio Paoletti

Vers la fin du dix-neuvième siècle, s’ébauche une autre conquête des Alpes. Après être montés à l’assaut des alpages, les hommes se lancent dans la grande colonisation hydro-électrique des montagnes. Des chantiers titanesques viennent modifier de fond en comble le paysage où s’installe une nouvelle géométrie. Cette intervention massive bouleverse la montagne, mais aussi le mode de vie traditionnel des gens de l’alpe. En Italie, l’entreprise Girola construit barrages et centrales sous l’oeil du photographe Antonio Paoletti. Par Michael Jakob, professeur de littérature comparée et éditeur de livres de montagne.

Qui a tué le crétin des Alpes ?

Un constat s’impose : loin d’être plongés dans l’ignorance, les habitants des hautes vallées alpines ont, au cours des temps, bénéficié d’une meilleure instruction que ceux des basses terres. Un phénomène observé depuis longtemps, conforté par de sérieuses études, et qu’expliquent, paradoxalement, les rudes conditions de vie des gens de l’alpe. Par Daniele Jalla, historien, directeur des musées relevant de la ville de Turin.

« Après que j’ai eu appris à marcher » : une enfance en Val d’Aoste

Le monde sort de la guerre, mais pour les montagnards italiens, le grand bouleversement est encore à venir. Avec un immense bonheur, Simon Grangeat nous conte les travaux et les jours d’un fils de paysans valdotains qui, sans le savoir, vit les derniers instants d’une société séculaire. Un récit au quotidien qui illustre cette fin des gens de l’alpe évoquée plus loin par Jean-Claude Duclos… Par Simon Grangeat, pseudonyme utilisé par une personnalité de la vallée d’Aoste.

Et l’homme créa le Mont-Blanc

Dans le cadre des programmes Interreg, la Commission européenne a permis la réalisation de plusieurs documentaires télévisés sur six métiers emblématiques autour du Mont-Blanc. Entre Valais, val d’Aoste et Savoies, guides, aubergistes, bûcherons, herborisateurs, maquignons et fabricants de sonnailles se racontent dans l’étrange lucarne.

Alpes d’ailleurs : marcher et tant souffrir…

Dans les Alpes du XIXe siècle, les riches touristes britanniques se faisaient accompagner de porteurs chamoniards, dauphinois ou valaisans pour gravir les « monts sublimes »… Aujourd’hui, trekkeurs et alpinistes occidentaux en quête d’exotisme et de sommets vierges jettent leur dévolu sur des massifs plus lointains. Au Népal, moyennant quelques roupies, chacun peut s’offrir les services d’hommes qui ne feront jamais la une d’aucun magazine de montagne. Rééquilibrage. Par Guy Martin-Ravel, « SCD (sans compétence définie) ».

Gens de l’alpe

La nouvelle exposition permanente du Musée dauphinois puise dans un riche patrimoine pour retracer la rondeur des jours des communautés montagnardes. De l’habitat aux gestes de tous les jours, des travaux ruraux aux objets du quotidien, c’est la découverte d’une véritable civilisation, cohérente et riche. Quelque trois mille ans séparent les pasteurs des premiers âges de nos agriculteurs pluriactifs actuels. Voici ici brossé le portrait de ces gens de l’alpe qui, à force de ténacité, de courage, de mobilité, d’ouverture, de créativité, de tolérance et d’ingéniosité, ont réussi à domestiquer les espaces difficiles de la haute montagne. Modèle d’adaptation aux contraintes du relief et de l’altitude, leur mode de vie a perduré durant des siècles avant d’être bouleversé par les temps modernes. Il fallait que L’Alpe, dès son premier numéro, rende un hommage à ces gens de l’alpe dont la mémoire nous est aujourd’hui si utile. Visite guidée… Par Jean-Claude Duclos, directeur-adjoint du Musée Dauphinois à Grenoble.

Vierges des sommets

Ancrées entre ciel et roc, gardiennes des cimes et témoins de la ferveur des guides qui les y portèrent, une pléiade de Vierges de métal ou de bois veillent sur les montagnards. Une pratique récente qui est pourtant signe de croyances immémoriales. Par Jean-Olivier Majastre, sociologue.

ET ENCORE…

1248 : naturel ou miraculeux, l’effondrement du mont Granier

L’effondrement du Granier. Cette gravure du Livre des Chroniques de Hartman Schedel (Nurember, 1493) est la seule représentation médiévale de l’événement.

Parmi toutes les catastrophes naturelles qui ravagèrent l’Occident au Moyen Âge, l’effondrement du mont Granier, en Savoie, fut l’une des plus meurtrières. Son retentissement fut immense, les chroniques de l’époque en témoignent abondamment. Par Jacques Berlioz, directeur de recherche au CNRS à Lyon.

Je pleure la montagne perdue…

L’automne dernier, un large pan de granit fauve se détachait de la face ouest des Drus, emportant avec lui de beaux fragments de voies. Et les alpinistes de rêver devant cette vaste page blanche qui s’ouvre à leurs fantasmes… Par Jean-Michel Asselin, rédacteur en chef du magazine Vertical, alpiniste et auteur.

La montre du voyageur (Texte intégral)

Maîtriser le temps est un besoin fondamental de l’humanité. Depuis la plus lointaine antiquité, les hommes ont inventé des façons de le piéger. Universel, décliné sous des formes diverses, le cadran solaire est l’un des instruments les plus utilisés. Il existait même des modèles portables, à l’usage des voyageurs ou des bergers. C’est l’un de ces cadrans que L’Alpe offre à ses abonnés. Par Jean François Dana, gnomoniste, co-fondateur de l’Atelier Tournesol et Christiane Guichard, cadranière, passionnée de cadrans alpins.

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